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Bernard BOUTET DE MONVEL (1881-1949) 
Le souk des chaudronniers à Fez (Maroc) 
1918 
Huile sur toile signée en bas à gauche 
54 x 65 cm 
Au dos, esquisse d’une œuvre (nous savons que Bernard Boutet de Monvel fit venir au Maroc des toiles de « remploi » qu’il démontait, retournait et préparait à nouveau) 
Sur la barre supérieure du châssis, ancienne étiquette «Boutet de Monvel / 87 / Souk of the tinkers» et cachet des Douanes françaises à Paris 
Au crayon, sur la barre centrale du châssis, « Mlle » et « Boutiques noires avec treillages » 
Provenance : collection particulière 
Un certificat d’authenticité en date du 22 septembre 2016 de M. Stéphane-Jacques Addade sera remis à l’acquéreur. Nous le remercions de nous avoir précisé que les mentions sur le châssis étaient de la main de Bernard Boutet de Monvel et de nous avoir fourni un tirage du cliché photographique lui ayant servi à composer cette œuvre. 
 
Expositions : 
Paris, Galerie Barbazanges Hodebert successeur, Le Maroc peintures et bas-reliefs de B. Boutet de Monvel, du 2 au 23 mai 1925, n° 21 « Souk des chaudronniers » 
New York, Anderson Galleries, The art of Bernard Boutet de Monvel Paintings and bas-reliefs, du 29 novembre au 25 décembre 1926, n° 87 « Souk of the tinkers » 
 
Bernard Boutet de Monvel est né à Paris le 9 août 1881 dans le 4e arrondissement. Il est le fils du peintre Louis-Maurice Boutet de Monvel (1850-1913) et de Jeanne Lebaigue.
Dès l’âge de seize ans, il se destina à la même carrière que son père. Elève de Luc-Olivier Merson pour la peinture et de Jean Dampt pour la sculpture, Boutet de Monvel s’initia en 1898, grâce à l’artiste américain Louis McClellan Potter, à l’eau-forte. Au début du XXe siècle, il se lia avec l’imprimeur et graveur Eugène Delâtre et devint le maître incontesté de l’eau-forte en couleurs au repérage. En parallèle à cette activité d’aquafortiste, il travailla la peinture à l’huile, et notamment le portrait. 
En 1907, il envoya des œuvres aux expositions du Carnegie Institute de Pittsburgh (Etats-Unis) où il était déjà connu et son art apprécié. 
Il commença à exposer dans différents salons parisiens : Société Nationale des Beaux-Arts, Salon d’Automne et Salon des Indépendants. Après des tendances fauve et pointilliste, sa peinture se tourna résolument vers la géométrisation. Il travaillait à la règle et au compas. Ce style est significatif dans un autoportrait, daté de 1908, le montrant dans la campagne de Nemours et qui lui valut la reconnaissance de la critique et de ses pairs le nommant sociétaire de la Société Nationale des Beaux-Arts. 
De manière plus alimentaire, il s’adonna aussi aux dessins humoristiques et de mode. 
En 1914, la Première Guerre mondiale éclata. Il fut appelé comme réserviste et après un court passage dans le train, devint aviateur. Il se fit affecter au Groupe de bombardement de l’Orient (GBO), basé à Salonique, en Macédoine. Malgré sa dissolution en juin 1916, il resta en Orient et intégra une nouvelle escadrille. Il quitta la Macédoine en juin 1917, décoré de la Légion d’honneur et de cinq citations. 
Il demanda son affectation au Maroc, arriva à Rabat en octobre 1917 puis rejoignit Fez et l’escadrille 551. Il reprit ses pinceaux à la demande du général Liautey, Résident général de France au Maroc, convaincu que son art pouvait servir ses desseins politiques. La lumière et la civilisation marocaines qu’il découvrait firent considérablement évoluer son style : simplification, géométrisation, monochromie et hiératisme des figures. Boutet de Monvel représenta dans ses œuvres les autochtones : porteurs d’eau; mendiants, marchands dans leurs échoppes, servantes, esclaves noires, aveugles, etc… A l’aide d’un appareil photographique, il prenait un cliché depuis sa terrasse de la Medina, le mettait au carreau avant de le reporter sur la toile. 
Par une chaude journée, nous sommes plongés au cœur du souk des chaudronniers à Fez. Au premier plan, une suite d’échoppes est représentée à l’ombre des treillages des roseaux. A droite, sous le toit de l’une d’entre elles, un homme de profil en djellaba et une femme de dos en haïk blancs semblent discuter. L’intérieur de l’échoppe est totalement dans l’ombre. Dans la suivante, un homme à mi-corps, chaudronnier de son état, travaille derrière son étal. La troisième échoppe est en partie figurée. Seuls les visages des hommes sont esquissés, celui de la femme n’est pas visible. Boutet de Monvel respecte ainsi la tradition qui veut qu’en terre d’islam se couvrir d’un voile pour une femme est un geste d’effacement et de modestie requis lorsque l’on circule dans un espace public. Dans une pâte grasse et avec une palette réduite à des terres, de l’ocre, du gris, du blanc et du noir, en partie étalée au couteau, Boutet de Monvel « maçonne » sa composition. Il la synthétise à l’extrême par une géométrisation composée de droites, de rectangles ou d’arcs de cercle. Cette vision résolument moderne par rapport aux peintres orientalistes influença Jacques Majorelle. Bernard Boutet de Monvel écrivit dans ses Mémoires de guerre (inédits) que le Maroc fut l’« un des plus beaux pays du monde auquel je dois la meilleure partie de mon œuvre ».
L’artiste poursuivit avec succès essentiellement une carrière de portraitiste mondain, effectuant de réguliers allers-retours aux Etats-Unis. Ce fut à l’occasion d’un de ses voyages qu’il perdit la vie à bord du vol Paris - New York du 28 octobre 1949 dans lequel étaient aussi présents Marcel Cerdan et Ginette Neveu. 
 
Notre tableau, qui a figuré dans les deux principales expositions consacrées au séjour marocain du peintre, à Paris en 1925 et à New York en 1926, n’ayant été ni exposé à Baltimore en 1927, ni au Palais Galliera en 1951, ni à la galerie du Luxembourg à Paris en 1975, M. Stéphane-Jacques Addade suppose que l’œuvre fut acquise lors de l’exposition de 1926 à la galerie Anderson de New York. 
Notre œuvre n’est donc pas apparue sur le marché depuis 1926. Il s’agit là incontestablement d’une redécouverte importante pour l’histoire de l’art et un privilège de pouvoir la présenter à l’occasion de cette vente aux enchères. 

Musées : 

En France 
Aurillac, musée d’art et d’archéologie 
Beauvais, MUDO - Musée de l'Oise 
Blérancourt, musée franco-américain 
Boulogne-Billancourt, musée des années 30 
Le Havre, MuMa ((Musée d’Art Moderne André Malraux) 
Lille, palais des beaux-arts 
Nemours, château-musée 
Orléans, musée des beaux-arts 
Paris, département des Estampes et de la Photographie de la Bibliothèque nationale de France 
Paris, musée Carnavalet 
Paris, musée national d’art moderne de la ville de Paris 
Paris, musée des arts décoratifs de Paris 
Paris, musée du quai Branly – Jacques Chirac 
Paris, Petit Palais 
Pau, musée des beaux-arts 
Tours, musée des beaux-arts 
 
Aux États-Unis 
Indianapolis, John Herron Art Institute 
New York, Metropolitan Museum of Art 
New York, Steinway Inc. 
Pittsburgh, Carnegie Museum of Art 
 
 
Bibliographie sélective :  
 
Palais Galliera, Paris, Exposition rétrospective Bernard Boutet de Monvel 1881-1949, du 26 janvier au 5 mars 1951 
Galerie du Luxembourg, Paris, Exposition Bernard Boutet de Monvel 1881-1949, juin-octobre 1975 
Jacqueline Louvet, Vie, œuvre et art du peintre Bernard Boutet de Monvel (1881-1949), mémoire de maîtrise, Paris IV, 1979 
Françoise Marquet & Gilles Chazal , Maroc les trésors du royaume, Petit Palais Paris, du 15 avril au 18 juillet 1999, Paris, Ed. Plume, 1999 
Stéphane-Jacques Addade, Bernard Boutet de Monvel, Paris, Ed. de l’Amateur, 2001 
Fondation Mona Bismarck, Paris, Rétrospective Bernard Boutet de Monvel, 2001
Stéphane-Jacques Addade, Bernard Boutet de Monvel, Paris, Ed. Flammarion, 2016 
Sotheby’s Paris, Collection Boutet de Monvel, ventes des 5 et 6 avril 2016 
Ferri Paris, Dans l’intimité de la famille Boutet de Monvel, vente du 14 octobre 2016, Hôtel Drouot, salles 1 et 7

 

Expert : Marc-Henri Tellier, membre de la CEFA

Vente Les Enchères du Plessis / Le Plessis-Bouchard le 15 octobre 2016, lot 152

Adjugé (frais compris) : 57 800 €